Un pont entre la Russie et le Japon? Et le litige …?

La Russie veut construire un pont reliant l’extrême sud-est de son territoire au Japon, a annoncé le président Vladimir Poutine jeudi (7 septembre 2017) à l’occasion d’un forum économique à Vladivostok.

Selon des médias russes, il s’agirait d’un pont ferroviaire et automobile.

Mais il est évident que cette volonté d’ouverture se heurtera à la question qui oppose la Russie au Japon depuis la fin de la Seconde guerre mondiale : Les Territoires du Nord (pour le Japon:北方領土, hoppō ryōdo) et îles Kouriles (pour la Russie).

Ce litige qui empêche la signature de traité de paix entre l’Union soviétique (la Russie) et le Japon à la suite de la Seconde Guerre mondiale.

L’Armée rouge attaqua les îles Kouriles le 18 août 1945, soit trois jours après la capitulation japonaise, et la conquête de l’ensemble des îles se termina, le 1er septembre. Depuis le Japon ne reconnaît pas l’occupation des quatre îles les plus proche de Hokkaidô : 択捉島 (Itorofu- tô) ; 国後島 (Kunashiri-tô) ; 色丹島 (Shikotan- tô) ; Habomai-shotō (歯舞諸島).

Origines historiques du litige :

– 1855 Traité de Shimoda. C’est un accord russo-japonais pour déterminer le statut de Sakhaline et des îles Kouriles. Il établit pour la première fois des relations officielles entre la Russie et le Japon.

L’article 2 du Traité de Shimoda : « La frontière entre les deux pays doit être comprise entre les îles d’Itoropfu et Ôrôpu ». « L’ensemble Itorofu –tô appartient au Japon et les îles Kouriles, située au nord et comprenant Orup, appartiennent à la Russie ».

Les îles de Kunashiri, Shikotan et les Habomai qui se trouvent toutes au sud d’Itorofu, ne sont pas explicitement mentionnées dans le traité et ce qui signifie qu’à cette époque elles étaient considérées comme une partie non contestée du Japon, même si géographiquement elles sont considérées comme faisant partie de l’archipel des Kouriles.

Le traité précise également que « l’île de Sakhalin / Karafutô ne doit pas être partagée mais doit rester sous un condominium conjoint russo-japonais ».

– 1875 Traité de Saint-Pétersbourg. La Russie et le Japon conviennent que le Japon renonce à tous ses droits sur Sakhaline en échange de l’abandon par la Russie de tous ses droits sur les îles Kouriles en faveur du Japon.

La guerre russo-japonaise de 1904-1905 est un désastre militaire pour la Russie.

 

 

 

– 1905 Le Traité de Portsmouth de 1905. Ce traité conclu à la fin de cette guerre, donne la moitié sud de l’île de Sakhaline au Japon.

URSS déclare la guerre au Japon le 8 août 1945

Le 14 août 1945, le Japon accepte la déclaration de Potsdam et le lendemain annonce sa capitulation inconditionnelle.

Mais Staline entama l’occupation des îles Kouriles entre le 18 août et le 3 septembre.

Le Japon a toujours conteste cette acte de guerre qui débuta après sa capitulation. De son côté  l’URSS considèra que le Japon a renoncé à tous ses droits sur les îles Kouriles par le traité de San Francisco, malgré que Staline avait refusé de signer ce traité qui mit fin à l’occupation des Alliés du territoire japonais.  Or dans ce traité le Japon renonce à Sakhaline comme tous les territoires acquis par la force, et les îles Kouriles ne sont pas mentionnées explicitement, car ils n’étaient pas considérées comme « comme territoires acquis durant la guerre ».

“Nous voulons construire un pont entre le continent et l’île de Sakhaline et ensuite relier Sakhaline à Hokkaïdô”, a déclaré le président russe, sans aborder la question du litige territorial

Le ministre russe de la Mobilité, Maksim Sokolov, a évoqué de son côté un investissement de quelque 500 milliards de roubles, soit environ 7,3 milliards d’euros. Le projet pourrait être concrétisé dans la première moitié des années ’20. Selon des estimations, une telle route pourrait voir transiter 40 millions de tonnes de marchandises par an.

On ne peut savoir si cette déclaration est vient préparer le terrain, donc l’opinion publique russe, à un accord négocié avec le Premier ministre Shinzô Abe lors de leur dernière rencontre. Car le Japon n’a cessé de proposer une coopération économique de grande ampleur en échange de la récupération de ses quatre îles.

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