Papiers florentins – 2

Sur la « supposée » dictature des Médecis (quelques constatations qui s’imposent)

Cosme Ier (1519-1574) fut le premier grand-duc de Toscane, et le restaurateur de la dynastie des Médicis après un passage à vide. Grand parmi les grands des Médicis, il réalisa l’expansion de Florence, absorba Sienne et la majeure partie de la Toscane, Il lança la marine florentine, et lança l’Arsenal Medicei. Puis il décida de la création de la ville de Portoferraio sur l’île d’Elbe.
Parmi les oeuvres qu’il va laisser à « sa ville » la création des Offices siège de l’administration et actuellement une des plus prestigieuses galeries d’art du monde, il acheta le Palais Pitti achèva sa construction par les Jardins de Boboli, et le céda à la ville en tant que logement du gouverneur. En plus il fut à l’origine du lancement de l’Université de Pise.
C’était donc un dictateur mais… éclairé.

Nous sommes en 1565 quand les Manelli refusèrent de lui céder leur tour-maison, pour construire le « Corridor de Vasari ».
 Cette histoire est étonnante car elle met en évidence la sagesse d’un dirigeant au XVIéme siècle, et ce n’est pas par un « dit-on » ou des racontars d’histoire… non le mur qui bloque ce corridor est le témoin physique de la « non violence » de ce dictateur éclairé.

Maintenant posons-nous quelques questions : que serait-il passé SI toutes les familles des quatre tours avaient refusé de céder? 
Est-ce le grand duc aurait cédé lui-même et renoncé à son corridor? (On aurait perdu ce chef-d’oeuvre ! )
Ou bien aurait-il usé de la force pour passer outre et confisquer les quatre tours? (On aurait perdu ce mur de la tour Manelli qui, quoiqu’il bloque le passage représente une partie de ce chef-d’oeuvre)
Ce refus de « passer en force » a été très bénéfique pour l’histographie de la ville de Florence et des Médicis, beaucoup plus fort qu’un corridor qui va … droit.

Ce sont les enseignes du bon vieux Machiavel qui ont essaimé chez les Médicis:
 Pour Machiavel, il y a deux manières de devenir prince: soit par la faveur de la population (populaire) soit par celle des grands ou la force. De la part des grands, il y a le désir de dominer par la force et de la part des petits, celui de ne pas être dominés ou opprimés. 
Cette tour Manelli montre que les Médecis « ont trouvé » comment réaliser la première manière gagner la faveur du peuple par « la non violence ». 
A tous les dictateurs je leur dis: à bon entendeur lisez Machiavel … du bon côté le côté, le côté pris par les Médecis. Ne vous contentez pas d’imiter la posture de Cosme 1er sur son cheval..

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