La Chine est-elle une puissance de premier rang?

Quand on aborde par les temps qui courent le sujet “la Chine”, on ne parle pas uniquement du covid-19[1], qui, partit d’une région industrielle se disperse dans le monde entier sous l’effet de la mondialisation.

Cette mondialisation qui fut le marchepied de l’Empire du milieu pour conquérir le monde avec ses produits, voilà l’effet boomerang de la mondialisation qui la met en quarantaine mondiale.

Ce n’est pas uniquement son image qui se dégrade, mais également son statut sur la scène de ce village qu’est notre planète.

La vision globale sur l’évolution de la Chine, nous mène à constater que cette Chine accélère son développement de manière très désordonnée (disons précipitée) et même très en contradiction avec la sagesse taoïste et/ou confucianiste …

On ne peut pas dire que la Chine d’aujourd’hui ressemble à celle d’hier, comme on ne peut pas dire que son évolution est linéaire comme doit être l’évolution d’un État normal qui se veut une grande puissance!! …Ce qui veut dire que si Xi Jinping est chassé du pouvoir … on aurait une autre Chine.

L’image de la Chine fut créée par des effets de communications sur ses capacités économiques et ses performances, mais est-ce que cette Chine (1480 millions d’âmes) décrite dans les médias correspond-elle à son poids politique et économique actuel.

Cette image est biaisée et ne reflète que partiellement la réalité… les événement du coronavirus est là pour nous le rappeler.

La montée en puissance de la Chine

Les réformes depuis Deng ont boosté le développement de la Chine, qui se rêve en première puissance mondiale cela n’est pas imaginaire et n’a pas besoin d’être démontré.

Mais la question est : a-t-elle les capacités de ses ambitions.

La Chine a inquiété et elle a impressionné dès les années 90’: par une croissance qui avoisinait les 10 % par an, par des réserves de mains-d’œuvre à bas salaires ce qui a conduit à un excédent commercial qui s’est envolé.

Xi Jinping (est Arrivé au pouvoir en 2013…) mais c’est la période intermédiaire géré par Hu Jintao (1997-20013) qui fut la période de l’ouverture de la Chine (Jeux Olympiques) et les grands chantiers (Ligne TGV etc…). Et cela fut fait dans le sillage du slogan crié par Deng Xiaobing (enrichissez-vous !)

La Chine a su tirer un grand profit de la mondialisation : Son produit intérieur brut (PIB) est passé de 917 milliards d’euros en 1997 à 12131 milliards en 2018. SOIT UNE HAUSSE DE 1222 % EN 20 ANS. Tandis que le Revenu national brut (RNB) par habitant passe de 713 à 8443 euros en 20 ans

SOIT UNE HAUSSE DE 1084 % EN 20 ANS.

Or ces chiffres portent deux valeurs une négative et une positive.

Les facteurs de la montée en puissance

– Pourquoi la Chine est-elle devenue l’atelier du monde ? Une main-d’œuvre abondante et à bon marché ; mais également l’effet de l’éducation sous le régime communiste,

– Pourquoi elle a su profiter pour marquer un grand pas dans l’acquisition de la technologie ? Les délocalisations occidentales couplées aux pillages des brevets et technologies ;

– A-t-elle joué fair ? Non ! Le gouvernement n’hésitait pas à soutenir les sociétés chinoises pour la recherche et le développement, c’est ainsi que Huawei est devenu N° 1 mondial dans le domaine des portables et du numérique de diffusion (5G).

– A-t-elle fait du chantage à l’ouverture de son marché ? La réponse est un oui catégorique et franc (les grands groupes tels Apple et Airbus pour n’en citer que les cas les plus criards)

L’entrée de la Chine à l’OMC a été un événement majeur et les conséquences se sont fait sentir sur le reste du monde[2].

Cela a fait que les réserves de devises en Chine sont montées en flèche. On peut voir ce qui s’en suit : le poids de la Chine dans le Monde est devenu pesant !

Mais l’évolution n’est pas dans le sens d’une continuité …

1) Ex-atelier du monde.

Comme ses voisins le Japon, la Corée du Sud, Taïwan ou Singapour, la Chine va voir fuir ses usines vers des pays moins coûteux en main d’œuvre ou plus proches des lieux de consommation et de ses marchés.

Alors vient la fin de la délocalisation des usines en Occident – crise économique et nationalisme rampant obligent- toute délocalisation n’a plus aucun sens et les Occidentaux ne cèdent plus devant le chantage à l’ouverture du marché.

Puis vint la guerre commerciale avec les États-Unis qui va accélérer la bascule.

La croissance de la Chine a baissé de deux points pour atteindre 6,2% (très loin des 8 à 9%) or 2 points pour la deuxième économie du monde c’est beaucoup.

2) L’expansion et l’implantation à l’étranger sont basées sur la politique d’acquisitions en masse

Il y a plusieurs genres d’acquisitions -ou modèles- suivis par la Chine: En infrastructure ; en énergie ;en finance ; Construction ; dans le cinéma, dans l’intelligence artificielle (IA)  et La recherche et le développement.

Ces modèles « épousent » les économies et les richesses des pays concernés.

  • Dans les pays avancés: le Portugal; l’Italie; la Grèce, l’Allemagne le Luxembourg , etc… et bien sûr en France, mais également aux États-Unis… et en Russie

La Chine a investi au moins 145 milliards d’euros en Europe depuis 2010. Il y a des prises de contrôle directes et indirectes (Huwei, la G5, etc..). Et des prises de participations ou d’acquisitions directes.

Parmi les fleurons de l’économie européenne qui sont passés dans le panier des chinois : Le suédois Volvo Cars (automobile), l’italien Pirelli (pneus), les français Club Med (tourisme), St Hubert (margarines) et Lanvin (mode), les allemands Kuka et Krauss Maffei (machines-outils) , y compris le port de Pirée entièrement sinisé (pour 280 millions d’euros) (les Chinois ont déjà mis la main sur 36 ports dans le monde.

Ce sont des investissements massifs, qui ont eu comme conséquences des réactions brutales.

Mais la tendance des investissements chinois tend vers un  ralentissement, pour deux raisons :

  • Plusieurs États durcissent leurs mesures pour encadrer les acquisitions du géant asiatique[3]. (La Chine multiplie les rachats d’entreprises chez nous, mais les interdit chez elle).
  • Un durcissement de Pékin à l’égard des acquisitions jugées « irrationnelles » de groupes déjà surendettés

En France le durcissement touche les acquisitions de domaines

  • En Afrique (Madagascar; l’Éthiopie, Kenya, Mozambique, etc…).
  • L’Amérique latine (Le Venezuela, Panama le Brésil et l’Argentine)

Là les investissements ont une autre dimension ce sont des infrastructures (ponts et chemins de fer) et des espaces pour les plantations, et à Djibouti c’est une base navale !

Ce sont des investissements dans l’énergies et les espaces portuaires.

  • Il y a également les Pays arabes l’Algérie et le Golfe … et les investissements sont de natures plus ou moins différentes. Au Soudan c’est le pétrole et les grands espaces agricoles. En Algérie ce sont des quartiers entiers occupés par des chinois c’est le commerce

Mais on voit de plus en plus des blocages qui petit à petit se mettent en place face aux investissements chinois en Occident.

Pour les autres pays ces investissement soulèvent plusieurs problèmes et questionnement sur la méthode chinoise/

Celle-ci consiste à envoyer ingénieurs ouvriers et toutes les logistiques nécessaires aux projets en cours.

Or, après l’euphorie des annonces de projets … les déceptions sont très fortes :

  • Les marchés de travail de ces pays ne profitent pas de cette manne. Le chômage progresse car y compris les petits boulots sont happés par les chinois, qui de plus ne dépensent pas un sou dans le pays toutes leurs fournitures viennent de Chine y compris les conteneurs d’alimentations.
  • Il y a une désindustrialisation (le réseau d’électricité au Brésil avec l’implication de State Grid – qui a investi 40 milliards – c’est le N° un mondial de l’électricité 1,5 million d’employés et …340 milliards de chiffres d’affaires).
  • Dans l’agroalimentaire et tout ce qui touche à la terre il y a ce qu’on appelle la responsabilité sociale – en France on l’associe la tradition agricole de notre pays- pour les terres agricoles il y a le droit … et il y a l’usage.

La pénétration au cœur de l’Europe (La Route de la soie)

Ce qui est convenu d’appeler ROUTE DE LA SOIE est un gigantesque réseau de transport pour relier l’empire du Milieu à l’Europe et au reste du monde par train, routes et bateau.

Au départ cette route devait acheminer les produits fabriqués dans les usines de la côte Est chinoise.

Ce projet est basé sur les besoins d’infrastructures des pays traversés par cette route de la soie : l’Asie centrale et l’Afrique.

Mais les vrais marchés sont en Europe c’est pour cela qu’il fallait avoir des relais aux ports de la méditerranée c’est pour cela qu’elle a racheté le port du Pirée, à Athènes, il y a quelques années.

Aidée par la BAD (Banque Asiatique pour le développement) la Chine a été à l’assaut de ces pays assoiffés d’infrastructures : autoroutes aéroports et port maritimes (Afrique et Asie Centrale mais également la Grèce l’Italie et le Portugal).

Mais avant d’arrivée en méditerranée cette route dans son aspect maritime, passe par Dacca (Bangladesh) Colombo (au Sri Lanka) Mombassa (Kenya) Djibouti … puis le Canal de Suez.

Les chiffres avancés sont impressionnants:

  • Investissement chinois dans une soixantaine de pays 410 milliards de $ (dont 120 milliards en Afrique) (les deux dernières années mais depuis 2005 ce sont 1355 milliards)
  • Investissement chinois pour la route de la soie dépasse les 200 milliards de dollars
  • Les chemins de fer : des records ont été atteints Madrid ou Londres sont à 12000 km des villes chinoises (Shanghai ou Yiwu)

Mais il y a un hic : 96 % des projets sont confiés à des sociétés chinoises

Ce qui nous mène aux côtés sombres de ces chiffres impressionnants. Voilà quelques exemples :

  • Les investissements au Laos correspondent à la moitié de son PiB
  • La dette de Djibouti a atteint 80 % de son PiB en raison de ses créances aux banques chinoises (surtout Exim)
  • Exim Banque possède la moitié de la dette publique du Tadjikistan, du Kirghizistan, du Sri Lanka etc…
  • Le Pakistan est endetté à hauteur de 62 milliards soit 20% de son PiB à cause du couloir sino pakistanais

Or comme on l’a vu, la Route de la soie prévoit la construction de routes, ports, lignes de chemin de fer et parcs industriels dans 65 pays pour plus de 1.000 milliards de dollars.

Devant ces chiffres on peut se dire que la Chine veut profiter économiquement de ce projet car ce sont surtout des sociétés chinoises qui font les travaux ( !) et les pays de ces infrastructures en supportent la dette.

Mais il y a autre aspect à ce projet !

C’est ce qu’on appelle un projet d’une action de sauvegarde et de protection géostratégique.

Il faut remarquer que la Chine, durant sa longue histoire, ne s’est jamais projetée vers les océans : elle a été toujours une puissance continentale tournée vers le ventre asiatique…

Or là elle devient une grande puissance ses rives donnent sur le centre de gravité des temps modernes : l’Océan pacifique…

Mais en même temps ses marchés sont loins

Premier facteur qui a poussé la Chine à élaborer ce projet pharaonique : Ses usines sont concentrées sur la côte Est, et ses clients sont de l’autre côté du sous-continent indien, en Europe au Moyen Orient et en Amérique.

Donc il lui fallait un accès à ces marché… un accès libre, sans passer par le détroit de Malacca, ce détroit étant contrôlé par les États-Unis.

Pour contourner ce détroit, la Route de la soie a commencé par la « Route de l’amitié » qui passe par le Pakistan. Ce projet s’est développé au fur et à mesure pour devenir ce qu’on voit actuellement.

La Chine s’est tournée également vers les mers et les Océans du Sud. Depuis quelques années voilà que la Chine réclame presque la totalité de la Mer de Chine méridionale (qui n’est qu’une appellation géographique !).

Les revendications maritimes chinoises vont des Îles Senkaku vers l’archipel des Îles Spratleys en passant par les Îles Paracels[4] et atteignent les plages de l’Indonésie !

Face à ces revendications

Le Vietnam, les Philippines, Taiwan et la Malaisie revendique la souveraineté chacun sur une partie de ces Archipel

Les eaux de ces deux archipels pourraient contenir des réserves immenses en hydrocarbure, ainsi que des richesses halieutiques (Poissons et algues nutritionnelles etc…)

On peut penser que la Chine cherche à s’approprier de ces ressources, et contrôler cette région qui,  par ailleurs, est située sur le trajet du tiers du commerce maritime mondial. Ou bien que la Chine cherche à affirmer sa puissance et à réactiver ses revendications sur ce qu’elle appelle “ses intérêts fondamentaux »

La vérité est que la Chine veut pouvoir accéder plus facilement à la haute mer, pour satisfaire ses nouvelles ambitions océaniques, et ne pas dépendre des détroits contrôlés pas ces concurrents … ou ennemis (potentiels).

Car l’Empire du milieu est enclavé et entouré par de nombreux archipels : pour accéder à l’espace océanique, elle doit passer notamment par la zone d’Okinawa[5].

En réclamant Senkaku les Chinois cherchent à imposer aux Japonais un droit de “passage innocent[6] .

Quand on parle de passage innocent c’est au-delà des 200 miles. Or la Chine est coincée en deçà de cette limite !

Tandis que pour les archipels plus au Sud : Les Îles Paracels[7] et Spratleys[8].

Ces îles n’ont pas de valeur militaire importante, mais, en plus de leur position géostratégique, des études géologiques indiquent un potentiel d’importants gisements de pétrole dans les eaux environnantes.

Ces revendications maritimes constituent un des points faibles géopolitiques de la Chine.

Axe 4) Les points faibles de « cette Chine »

Les débats sur la croissance chinoise ont tendance à occulter les difficultés toujours plus nombreuses auxquelles se heurte le pays.  Ces points de faiblesses sont le résultat de sa croissance rapide.

On peut se contenter de citer quelques points :

  • La dispute commerciale avec les États-Unis

Les principaux litiges qui coiffent la guerre commerciale entre la Chine et les États unis

  • Le retrait du droit d’utiliser les brevets et les logiciels américains mais également occidentaux (Japon inclus)
  • Les menaces d’un embargo sur la technologie chinoise.
  • Le risque de guerre pour avoir accès aux terres rares [9]
  • Le ralentissement économique

Un capitalisme débridé et un régime extrêmement répressif qui produit de la croissance mais les contradictions s’aiguisent aujourd’hui dans cet étrange attelage du communisme autoritaire et du capitalisme sauvage.

Parmi les décisions du dernier Congrès du Parti communiste chinois on peut lire ce qui signifie que « L’économie serait ouverte -de manière ordonnée ». Cette mention anodine, a mis un frein brutal aux sorties des capitaux.

L’État est devenu plus regardant sur les objectifs des investissements dans le sillage de ce qu’on appelle « accompagner la montée en gamme et du  bringing in visant la concurrence et le progrès technologique de l’Occident ».

La frénésie d’acquisitions de 2015, souvent déraisonnable, a été volontairement cassée et stoppée par le gouvernement, y compris en envoyant des PDG en prison.

Mais comme on a vu la coopération avec l’Occident est « presque » au point mort ! Surtout que les chinois tardent à ouvrir les capitaux de leurs sociétés et rechignent à donner accès aux domaines des services à l’intérieur de leurs frontières (Assurances et banques surtout) .

L’économie chinoise montre des signes de ralentissement : une demande intérieure faible, l’ombre de la guerre commerciale avec les États-Unis, y est pour quelque chose.

Selon les dernières statistiques la progression de l’investissement en actifs immobilisés n’a augmenté que de de 5,5% soit son rythme le plus faible depuis début 1996.

Les ventes au détail de juillet (2019) ont aussi été plus faibles que prévu.

Les difficultés en Occident de Huawei, à l’étrangers[10] ont, quoi qu’on dise des répercussions à l’intérieur du pays.

Les États-Unis n’ont pas encore utilisé toute la panoplie de sanctions qui sont à leur disposition.

L’arme fatal peut être la fermeture de l’accès au réseau SWIFT (échange interbancaire)[11].

Ce système SWIFT peut permettre, parce qu’il est utilisé par tout le monde, d’exclure un pays de tout le système financier international.

Avec l’augmentation des tensions géopolitiques, il y a un risque évidemment, en ne plaisant pas aux « maîtres » américains, d’être viré du système, les conséquences en seraient majeures pour un pays. La ruine assurée, le pays concerné est littéralement débranché du reste du monde.

Des pays comme la Chine et la Russie, pour qui l’indépendance vis-à-vis des USA est nécessaire à leurs yeux tentent de mettre en place des solutions alternatives fonctionnelles susceptibles de prendre le relais en cas d’exclusion.

La Russie, la Chine et l’Inde annoncent avoir trouvé un moyen de contourner le système SWIFT, mais les transactions en dehors du système swift ne représentent que 6 % des transactions dans le monde[12].

  • Les minorités ethniques (dont les Ouïgours et les Tibétiens)

L’ethnie Han constitue la majorité de la population (plus de 92 % de la population) mais occupe 40 % du territoire. Les 55 autres « ethnies minoritaires» occupent 60 % du territoire !

A l’exception des Hui et des Mandchous qui utilisent les dialectes chinois, 53 ethnies ont leur propre langue, 21 possèdent leur propre écriture et utilisent 27 systèmes d’écriture.

Les grandes masses de minorités sont les, Zhuang, Mandchous, Hui, Miao, Ouïghours[13]. Il ne faut pas se fier aux chiffres que je vous présente, il n’y a pas de statistiques.

Comme la question des Ouïghours, est maintenant devant la scène médiatique, et d’après les « dissidents » on peut considérer qu’ils sont autours de 24 million, et pour les Tibétains il dépassent largement les 10 millions.

  • Les religions :

Les autorités chinoises prétendent combattre les terroristes islamistes en s’attaquant aux Ouïghours de la province de Xinjiang région où la totalité de la population est musulmane, mais des musulmans , il y en a plein en Chine : Hui, Ouzbeks, Ouïgours, Kazakhs, Kirghiz, Tatars, Tadjiks, Dongxiang, Salar et Bao’an, soit au total presque 45 millions, mais il y également une large minorité de l’ethnie Han (majoritaire dans le pays) qui sont musulmans.

La persécution touche les Chinois chrétiens, mais surtout ce sont les musulmans qui subissent l’oppression et la cause est la possession des terres.

Si on regarde la carte de la Chine on voit que le Xinjiang est une vaste province (comparée au nombre d’habitants) et qui de plus est très riche en matière première : On peut dire que ce qui se passe dans cette province c’est une assimilation forcée et une occupation de l’espace par l’ethnie han. Cela rencontre une opposition farouche de la population.

  • Hong Kong :

L’ancienne colonie britannique est depuis juin 2019 le théâtre de manifestations historiques, en cause un projet de loi qui visait à autoriser les extraditions vers la Chine.

Le projet a été retiré après la contestation violente, et les demandes de ceux qu’on appelle les « pro-démocrates » ont changé de nature. Ils demandent désormais l’élection directe de leur dirigeant au lieu qu’il soit nommé par Pékin

Les citoyens de l’ancienne colonie britannique, ne conteste pas le principe de Un pays deux régimes, ils souhaitent la poursuite de la stabilité et de la croissance, mais pas à n’importe quel prix.

  • Les tensions politiques au sein du pouvoir.

Est-ce que l’absence de liberté et la gouvernance par un parti unique sont compatibles avec une économie ouverte sur le monde ?

On s’attend à avoir 50 millions de touristes chinois chaque année qui vont sortir du pays et visiter des pays libres, combien de temps ces Chinois-touristes  accepteront de vivre dans une société d’opulence et de consommation, mais avec la privation de liberté ?

Hong Kong « pays très riche » a montré les limites de cette ambivalence.

Dans le communiqué final du dernier Congrès du parti on peut lire cette phrase en préambule :

Le Congrès appelle tout le Parti, ainsi que l’ensemble de notre peuple multiethnique, à s’unir étroitement autour du Comité central du Parti avec le camarade Xi Jinping comme noyau dirigeant, à porter haut levé le grand drapeau du socialisme à la chinoise, à étudier et appliquer consciencieusement la pensée de Xi Jinping sur le socialisme à la chinoise de la nouvelle ère.

Il faut remonter à Mao pour trouver une ressemblance dans le domaine du culte de la personne. Donc une contestation interne peut émerger[14].

  • Système de crédit social !

Le système de crédit social de la Chine est un système de notation sociale.

Prévu pour être pleinement opérationnel d’ici 2020, ce système n’est pas conçu que pour surveiller, mais surtout pour contrôler et contraindre. Il consiste à attribuer à chaque individu et chaque entreprise une note de confiance.

Il a pour but d’attribuer des scores aux individus, puis de leur donner une note, en fonction de leurs actions. Ainsi, il a déjà empêché l’achat de 26 millions de tickets de train ou d’avion à des citoyens considérés comme «indignes de confiance».

Le crédit social pourrait décider de la vie ou de la mort des entreprises européenne en Chine». C’est le cri d’alarme qu’a lancé le président de la Chambre de commerce européenne en Chine. D’après l’organisation, il est grand temps pour les entreprises du vieux continent de se réveiller, sans quoi elles pourraient subir de plein fouet les nouvelles exigences du gouvernement communiste.

Parmi les dangers cités : les données massivement collectées grâce au SCS pourront mettre en danger la propriété intellectuelle des firmes européennes[15].

Le coronavirus

L’épidémie du coronavirus est très symptomatique du manque de préparation de la Chine à la modernité-industrielle (malgré ses performances en électronique et le numérique[16].

Comment le convid-19 est sorti du ou des laboratoires chinois?

La théorie la plus plausible citée par la revue Sciences et Avenir est la suivante : Des chauves-souris seraient le point de départ de l’épidémie, par l’intermédiaire d’un animal présent sur le fameux marché des animaux de Wuhan[17].

Et d’où le chauve-souris a attrapé ce virus ?

Or il s’est avéré que les laboratoires ont mis au point des lignées cellulaires spéciales de chauve-souris pour cultiver les virus[18]. Un intermédiaire entre la chauve-souris[19] et l’homme serait nécessaire si l’homme ne peut être contaminé directement par un chiroptère[20] Cet animal serait le pangolin[21].

Dans le même bulletin les quelques 30 experts de réputation mondiale, parlent : «… de la consommation et les conditions d’abattage. C’est à ce niveau que le passage de l’animal à l’homme se fait dans la plupart des cas».

À Wuhan existe un laboratoire épidémiologique de haute sécurité P4[22]. Les informations commencent à filtrer malgré l’oppressante censure chinoise.

Ce laboratoire de Wuhan (déclaré P4), mis en chantier en 2011[23], a été inauguré en 2017 par le Premier ministre français de l’époque, Bernard Cazeneuve[24].

L’ambassadeur de France à l’époque déclara : «que ce projet devait permettre à la Chine, en partenariat pionnier avec la France, de mieux comprendre et prévenir les épidémies et les pandémies y compris les plus dangereuses comme la grippe aviaire, pour protéger la population chinoise et la santé mondiale. »

Les Américains n’étaient pas chauds pour livrer à la Chine un outil qui pouvait permettre de se lancer dans la fabrication d’arme biologique.  L’accord précisait que ce laboratoire P4 unique ne devait pas servir à fabriquer des armes biologiques et ne devait pas servir de modèle pour en créer d’autres laboratoire (duplication industrielle)[25], et d’insister sur les normes de sécurité.

Or il s’avère maintenant que pour des raisons d’économie[26], il y eut beaucoup de relâchement dans ce domaine[27]. Le site d’information « Bearpost », connu pour être bien informé sur les affaires chinoises intérieurs par le biais d’un réseau de volontaires, met en avant « l’embauche d’ouvriers non qualifiés » pour réduire les coûts, et signale que certains ouvriers n’hésitaient pas à « vendre sur le marché des animaux à Wuhan ! Le virus a dû alors passer des chauve-souris aux pangolins, un animal apprécié pour sa chair et tout le reste.

Le site révèle également que le processus de construction du laboratoire n’a pas respecté les plans avancés par les Français, et cela également pour des raisons budgétaires.

Il y a une possibilité que le danger de la prolifération de ce virus risque de ne pas se limiter à la province du Hubei. Car les Chinois, plutôt l’Armée Populaire de Libération (APL), n’a pas tenu ses engagements auprès de la partie française, quatre laboratoires ont été installés sans aviser la France et naturellement sans le contrôle des ingénieurs français… l’APL voulant montrer à la population et surtout au Parti (PCC) ses compétences… qui ne dépendraient pas des Étrangers.

Tout cela montre que la Chine suit un chemin avec une volonté d’hégémonie, mais ce chemin est glissant. Le malheur du coronavirus, vient de démontrer qu’aller trop vite en besogne peut s’avérer, pas uniquement non productif, mais également très dangereux.

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[1] La désignation pseudo-scientifique du coronavirus

[2] Dès 2003, non seulement les étapes d’assemblage se faisaient de plus en plus en Chine, comme en témoigne l’augmentation considérable des flux d’investissement direct étranger et d’exportations asiatiques vers la Chine, mais également une certaine remontée des filières a eu lieu, qui s’est traduit par un gain de parts de marché chinoises sur les pays voisins et même sur les pays d’Europe. Ainsi, les exportations chinoises vers les États-Unis ont littéralement explosé en 2002.

[3] Le seuil permettant à Berlin de bloquer des acquisitions étrangères a été ramené de 25 à 10%  (oublions la mondialisation)

  • [4] Pékin revendique la souveraineté de la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale.

[5] D’après la loi internationale :

Entre 0 et 12 miles nautiques Mer territoriale  (interdite) ;

Entre 12 et 24 miles nautiques Zone contigüe (autorisation) ;

Entre 24 et 200 miles nautiques Zone économique exclusive (annonce préalable) ;

[6] Pouvoir naviguer sans annoncer à l’avance le trajet.

[7] Elles se situent sur la route maritime d’un tiers du trafic mondial.

[8] Les îles Spratleys recèlent du pétrole, du gaz et la plus grande ressource halieutique de la région.

[9] Les terres rares sont un ensemble de 17 métaux nécessaires et indispensables aux dernières technologies mais qui sont extrêmement difficiles à extraire. Aujourd’hui la Chine dispose d’un quasi monopole puisqu’elle produit plus de 90% des terres rares et pourrait bien interdire l’exportation de celles-ci vers les États-Unis. La chine va-t-elle utiliser son arme stratégique dans cette guerre commerciale ? Quelles seront les répercussions sur le cours des terres rares en Bourse et comment ce marché va-t-il se développer ?

[10] Sa filiale dans la Silicon Valley, Futurewei, spécialisée dans la veille technologique et partenaire de l’université de Berkley, vient de décider de licencier la majeure partie de ses 850 ingénieurs sur place.

[11] Derrière les transactions financières, il y a des systèmes techniques, et le plus gros des systèmes de règlements internationaux c’est le réseau SWIFT, détenu par les Américains.

[12] La vérité la Russie et la Chine peuvent être sur le point d’être exclus du système comme c’est le cas de l’Iran et du Vénezuela et de la Corée du Nord.

[13] Le New York Times a publié le mois d’octobre 2019 quelque 400 pages de documents internes au Parti communiste chinois. Ils confirment le cantonnement des populations ouïghours dans des camps « d’éducation » qui sont en vérité des camps de concentration .

[14] Donc d’ici le prochain congrès il est à penser que des seconds couteaux se préparent à jouer le Brutus chinois.

La sortie de 400 pages de documents internes au parti n’est pas un geste anodin, c’est la première fois qu’on sent un vent de dissidence émanant du parti malgré la main de fer avec laquelle toute la population- y compris les 2,8 millions d’adhérents, sont tenue.

[15] En particulier dans le secteur de la banque et de l’assurance, la question sera de savoir jusqu’où accepter de partager les informations avec le gouvernement de Pékin ?

[16] Les développement dans ces domaines proviennent surtout du pillage des brevets (voir plus haut).

[17] https://www.sciencesetavenir.fr/sante/coronavirus-pourquoi-la-chauve-souris-ne-peut-probablement-pas-etre-la-seule-coupable_141068

[18] Bulletin de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), http://www9.who.int/bulletin/volumes/89/12/11-031211/fr/

[19] L’animal, qui héberge un virus sans être malade et qui peut le transmettre à d’autres espèces, est appelé  « réservoir ».

[20] Dénomination scientifique des chauve-souris.

[21] Petit mammifère qui est très prisé par les Chinois pour sa chair, ses écailles, ses os et ses organes dans la médecine traditionnelle asiatique.

[22] P4 pour désigner un espace scientifique (laboratoire) qui manipule des « pathogène de classe 4 ».

[23] La décision fut prise en 2003, et la contrepartie fut…une grosse commande d’Airbus.

[24] Accréditation pour les journalistes : https://cn.ambafrance.org/Voyage-officiel-du-Premier-Ministre-en-Chine-visite-du

[25] Antoine Izambard, dans son ouvrage « France-Chine : Les liaisons dangereuses » (éditions Stock) 2019, 250p.

[26] La Chine a décidé que les travaux devaient être conduits par une société locale IPPR de Wuhan, dépendante de l’armée, au lieu de la société choisie par la France RTV (Lyon elle fit faillite en 2010).

[27] https://bearpost.org/?p=3504

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